“Ah moi, pas possible ! Je ne pourrais jamais.”

C’est la réponse que j’entends la plupart du temps dès que je leur dis que je suis vegan. Vous remarquerez que j’annonce simplement que je suis vegan. Je ne pose pas de questions, mais directement je reçois une réponse sur la défensive. Je me demande toujours pourquoi…

La vérité c’est que, comme eux, j’ai longtemps pensé la même chose : moi non plus je ne pourrais pas. Pas nécessairement pour la viande, parce que je n’ai jamais aimé ça. Mais pour le poisson. Et puis avec le sport, l’envie de me dépasser, de me construire, j’ai un peu collé à l’idée protéines / glucides pour me construire de solides muscles. Si je retirais les protéines (je pensais à l’époque que les protéines venaient uniquement de la viande et du poisson), j’allais tout perdre. 

Avec le recul, en regardant ce que je mangeais, vegan ou non, c’était loin d’être des assiettes très saines. Mais on m’en aurait parlé, j’en aurais probablement eu rien à faire. Je n’étais pas dans cette mentalité là.

Vous avez sûrement entendu par-ci, par-là que j’étais vegan. Je ne suis pas vraiment ici pour vous convaincre de quoi que ce soit. J’ai juste appris que c’était important d’écouter les avis divergents des nôtres pour élargir un peu plus nos connaissances et nous faire un avis vraiment propre. Sans être influencé d’un côté ou de l’autre. Par exemple, je suis plutôt team sciences, et pourtant j’adore écouter les platistes (ces gens qui sont persuadés que la Terre est plate). Je trouve ça très intéressant. Pour autant, j’ai mon avis, mais je ne suis pas hermétique et chacun d’entre nous à droit à la parole. 

J’ai plutôt envie à travers cet article de vous expliquer le chemin que j’ai parcouru, et ce que signifie vraiment être vegan. Parce que je me rends compte qu’il y a pas mal d’incompréhensions sur ce sujet. Et si c’est un chemin qui vous intéresse, je vous donnerais quelques étapes qui peuvent vous aider. C’est le genre de conseils que j’aurais aimé avoir. 

Que signifie devenir vegan réellement ?

Il ne faut pas penser au véganisme comme à une identité. Tous les blonds ne sont pas pareils, toutes les personnes qui portent du bleu ne pensent pas la même chose. Bref, vous l’avez compris : vous pouvez devenir vegan et pour autant ne pas approuver tout ce qu’un autre vegan pense ou fait. Il s’agit plutôt d’un concept qui inspire à retirer les produits d’origine animale de notre vie. Parfois, ce n’est pas simple de comprendre quelle nourriture ou produit vient d’un animal, mais on s’y habitue très rapidement.

Il existe plusieurs niveaux dans ce concept de “non animal” : 

  • Pescetarien : personne qui ne mange plus de viande mais continue de manger du poisson, fruits de mer, oeufs, lait, etc.
  • Végétarien : personne qui ne mange ni poisson, ni viande, ni fruits de mer
  • Végétalien : personne qui ne mange ni poisson, ni viande, ni fruits de mer, produits laitiers (lait, beurre, fromage), oeufs, miel => en gros des aliments qui sont soit un animal, soit qui sont produits par l’animal
  • Végan : personne qui ne mange aucun animal, aucun produit provenant de l’animal, et répercute ça à ses cosmétiques (pas de tests sur le animaux), ses vêtements (pas de cuir, laine, soie), etc.

Je tiens à préciser que ce ne sont pas des cases. Une personne qui se déclare comme “non fumeur” et qui lors d’une soirée fume une cigarette ne va pas être mis sur le bûcher pour avoir “menti”. Et bien un vegan, c’est pareil. On peut se déclarer vegan et pour autant, manger de temps en temps du fromage. Comme un végétarien peut faire des repas sans oeufs. Si vous mangez de la viande, personne ne va vous arracher les yeux parce que lors d’une soirée entre amis vous avez pris des pâtes sauce tomate (donc sans viande). 

Tout ça pour dire que ce ne sont que des convictions ou des croyances, et non des étiquettes strictes. Personnellement, je suis vegan. Donc je vais vous parler ici de ce mode de vie qui est un peu plus restrictif que les autres. Et les gens peuvent adopter ce choix pour différentes raisons, parce que oui, le véganisme apporte de bonnes choses : 

  • Ca améliore le bien-être animal (logique)
  • La santé est améliorée car on limite les agents pathogènes comme la viande rouge qui est reconnue comme contenant des cancérogènes de groupe 1
  • Ca aide la planète en réduisant l’empreinte environnementale au travers de la diminution d’émissions de CO2 et de méthane, produit majoritairement par le bétail (et non les voitures ou avions)

Pour ma part, ce qui m’a fait devenir vegan, c’était le bien-être animal. Mais peu importe quel bienfait a changé l’alimentation des gens. Certains le font pour l’écologie, et d’autres pour leur santé. 

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Comment j’ai commencé à devenir vegan

Comme je vous l’ai dit, j’adorais le poisson. Mais vraiment. La viande, c’était une autre histoire. Mais le poisson, c’était midi et soir (je n’en prenais pas au petit-déjeuner, il ne faut pas abuser). Et en plus à l’époque, j’habitais à côté des calanques de Marseille. Je vous laisse imaginer l’environnement. 

Et puis quelque chose a grandi dans ma tête. Je ne saurais pas vous dire quoi exactement. Mais ça a pris de plus en plus d’ampleur. Et j’avais entendu à plusieurs reprise qu’il fallait absolument regarder Earthlings (je vous laisserais aller chercher ce documentaire en streaming sur Internet si ça vous intéresse).

Je ne vais pas vous mentir, c’est dégueulasse. J’ai essayé (et j’essaie toujours d’ailleurs), de garder un peu d’espoir en l’être humain en me disant que tout ça c’est aux USA et qu’en Europe nous sommes un peu plus “humains”. Mais au fond de moi, je n’en suis même pas certaine. Bref. Ce film m’a surtout dégoûté de l’être humain et de son côté manipulateur et opportuniste. A ce niveau là, j’avais surtout envie de ne plus rien manger du tout. 

Et puis on m’a parlé d’un autre reportage. En fait, c’est plutôt une présentation que fait Gary Yourofsky. Je vous laisse aller voir la vidéo si ça vous intéresse. J’ai aimé son ton, et ses arguments étaient très rationnels. Tout ce qu’il faut à une personne mathématique et scientifique comme moi. Et j’ai décidé d’essayer. 

Au début, je n’en ai parlé à personne, pas même à mon copain de l’époque qui vivait dans le même appartement. Je voulais essayer, sans avoir l’avis des uns et des autres, juste pour moi, pour voir ce dont j’étais capable. Et puis, quelques semaines plus tard, le 15 août pour être précise (oui je m’en rappelle comme si c’était hier), nous sommes allés avec mon copain chez ses parents. Sa mère savait que je n’aimais pas la viande, et adorablement, elle a acheté des gambas que pour moi pour le barbecue familial. Bien entendu, je ne me voyais pas ne pas les manger. Et impossible de passer outre vu que j’étais la seule à en manger.

Je vous laisse deviner le résultat : un dégoût. Je les ai mangé, mais je me suis forcée, avec la nausée qui me pendait au nez. C’est aussi ce jour là que j’ai compris que je pourrais faire Koh Lanta les doigts dans le nez, parce que j’étais très déterminée. Mais ça c’est un autre sujet. Forcément, ça m’a convaincue que c’était ce que je voulais et que jamais je ne pourrais revenir à la situation d’avant. Et du coup je l’ai annoncé. A mon copain d’abord, puis mes parents, mes amis, mes collègues, etc. 

Et bien sûr, ça n’a pas loupé. Qu’est-ce que j’en ai entendu des réflexions débiles ! 

  • Ce n’est pas sain
  • Tu vas perdre tous tes muscles
  • Tu ne vas pas durer plus de deux semaines (notez que ça faisait déjà presque 3 mois et que personne n’avait rien vu)

Quelqu’un m’a même jeter une tranche de jambon à la figure pour rigoler. Mais qui fait ça sérieusement ? Vegan ou pas d’ailleurs. On n’est pas au cirque ! 

En toute honnêteté, si je ne m’étais pas informée à fond avant, je n’aurais probablement pas tenu à toute cette vague d’attaques et de critiques négatives. Lorsque vous avez la connaissance, vous avez tout. Bon par contre, on oublie les connaissances réseaux sociaux ou n’importe qui se déclare avocat ou médecin et on s’intéresse à de vraies connaissances. 

Est-ce que le véganisme est pour tout le monde ?

À mon avis, et ça n’engage que moi, une transition à long terme vers une alimentation plus saine peut être recommandée à tout le monde. Mais si vous vous situez dans l’une de ces catégories, vous ne devriez pas suivre un régime végétalien sans suivi médical au préalable et pendant la transition : 

  • Une femme enceinte sans expérience du régime vegan auparavant
  • Personne souffrant d’un stress intense, comme un burn-out

Je ne dis pas que le régime vegan n’est pas recommandé dans ces conditions. Je n’ai pas d’enfants encore, mais je ne compte pas changer mon alimentation lorsque je serai enceinte. Ce sont simplement deux situations où ce n’est peut-être pas le bon moment pour changer. Disons qu’il vaut mieux le faire avant ou après, lorsque tout est plus clair et calme dans votre vie.

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Si vous n’êtes pas sûr de choisir ou non un régime vegan, n’hésitez pas à aller consulter un médecin nutritionniste compétent. J’entends par compétent, une personne vegan-friendly. Pas le vieux bougre du quartier qui ne s’est pas renseigné depuis la fin de ses études en 1920. D’ailleurs si vous êtes à Paris et que vous avez besoin d’une adresse, n’hésitez pas à m’envoyer un mail, je vous donnerais le contact de mon médecin personnel (qui est également nutritionniste). 

Un guide pas à pas pour devenir vegan

Si ce type d’aventure vous intéresse, je vous ai fait un plan étape par étape pour tout doucement commencé votre voyage vers le véganisme. Ca peut être pour un challenge personnel, un essai ou une réelle envie de changement. Peu importe, ça ne regarde que vous en fait. Mais en tout cas, avec ces étapes, avant même de le savoir, vous aurez déjà adopté les bons réflexes et une bonne routine. 

#1 – Demandez-vous pourquoi vous voulez devenir vegan

Vous demander “pourquoi” est-ce important est le point central de ce changement. Vous devez vous connaître. Et pas seulement pour devenir vegan ou non. Mais vous devez vous connaître si vous souhaitez vivre une bonne vie. L’introspection est une compétence cruciale que vous devez développer. Alors commencez par vous poser les questions difficiles : 

  • Pourquoi je fais ce que je fais ? 
  • Pourquoi vais-je travailler ?
  • Pour quelle(s) raison(s) ai-je envie de suivre une alimentation vegan ?

Ces questions vont vous montrer vos motivations et vous montrer aussi une part de qui vous êtes réellement. Ca vous aidera également énormément à réussir la transition plus facilement. Parce que si vous ne savez pas pourquoi vous faites ça, dès le premier mur, vous allez faire demi-tour plutôt que d’essayer de passer au-dessus, à gauche ou à droite.

#2 – Changez votre état d’esprit

Mon plus grand « pourquoi » était simplement mon besoin urgent de vivre une vie de maîtrise de soi et d’intégrité. J’ai un fort besoin de simplement faire ce qui est bien. Je précise ici que “ce qui est bien”, m’est propre et est là par mon éducation, mon environnement, mon expérience de vie, etc. Bref, c’est mon histoire, mes raisons. Comme vous avez les vôtres.

Vous devez changer votre état d’esprit au point où vous réalisez que la gratification instantanée (le fait de manger de la viande ou poisson à l’instant T) ne devrait pas être le résumé de votre vie. Sinon, se bourrer la gueule c’est sympa, on rigole bien. Se droguer aussi. Mais pour autant, c’est ancré en nous que c’est mauvais, et que pour le plaisir instantané qu’on en retire, à long terme ce n’est pas la solution. Ici, c’est pareil. Mais la bonne nouvelle, c’est que lorsque vous aurez trouvé votre “pourquoi”, l’état d’esprit va venir très rapidement à la suite. 

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#3 – Préparez-vous à la résistance

Il va falloir que vous sachiez de quoi vous parlez lorsque vous choisissez de devenir vegan. Lorsque vous nagez à contre courant, vous allez, par les lois physique, faire face à de la résistance. La seule manière de résister est d’être préparé.

Comme je vous le disais, vous pouvez aller voir la vidéo de Gary Yourofsky. Je peux également vous conseiller, si vous avez Netflix, les documentaires : 

  • What the Health
  • Cowspiracy
  • Okja (c’est un film par contre)

Par contre, je vous déconseille The Game Changers qui n’est pas vraiment honnête selon moi. Vous pouvez également lire le livre d’Hugo Clément : “Comment j’ai arrêté de manger des animaux”.

#4 – Mettez-vous de nouveaux standards

Après avoir acquis les connaissances nécessaires, votre objectif principal devrait être d’établir une nouvelle norme. Et la seule façon d’établir une nouvelle norme à long terme est d’effectuer une transition durable. Je m’explique.

A l’heure actuelle, je mange à 99% des aliments végétaux naturels. Je précise naturels dans le sens où je ne mange quasi plus de produits industriels quel qu’ils soient. Je ne me sens pas limitée de quelque manière que ce soit. Pour moi, le véganisme c’est de vivre une vie plus naturelle et éthique. Dans mon alimentation, on trouve des légumes, fruits, des grains complets, des laits végétaux, des graines et des légumineuses.

Je ne porte pas de fourrure, de cuir, ou n’importe quel matériau d’origine animale. Pas parce que je ne peux pas, mais parce que je ne veux pas. C’est juste que, et pour la millième fois, ce n’est que mon ressenti et avis personnel, je préfère considérer l’endroit où je vis, aime et ris comme un jardin, pas un cimetière. Il en est de même pour les produits que je mets sur mon corps.

Devenir vegan signifie également dire non à la gratification immédiate et jeter un œil à la situation dans son ensemble. Devenir vegan signifie la maîtrise de soi. Oui parfois je vois des chaussures magnifiques et quand je les retourne, je vois qu’elles sont en cuir. Mes convictions sont plus grande que mon plaisir personnel. C’est simplement ça qui rend ces choix plus faciles.

Lorsque vous choisissez de devenir vegan, vous mettez de côté votre propre plaisir pour une vue d’ensemble. Que ce soit pour votre santé, la planète ou les animaux. Vous définissez des priorités et vous montrez que vous vivez votre vie sur base de ces principes.

#5 – Analyser vos habitudes alimentaires

Les gens me disent souvent qu’ils n’ont jamais rien mangé de vegan. Ce qui est bien sûr complètement débile. Si vous avez déjà mangé une banane, vous avez mangé de la nourriture vegan. Il y a de fortes chances que vous mangiez déjà vegan à un degré assez élevé.

Pour savoir dans quelle mesure, notez à quoi ressemblent vos habitudes alimentaires actuelles. Cela peut être fastidieux mais c’est assez intéressant. Que mangez-vous du petit déjeuner au dîner ? Une fois que vous avez compris ce que vous mangez actuellement, vous pouvez réfléchir à la manière d’améliorer vos habitudes alimentaires.

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#6 – Mangez plus d’aliments complets, à base de plantes

Au lieu de conseiller aux gens d’arrêter de manger ce qu’ils mangent actuellement, j’aime leur dire qu’ils devraient simplement manger plus de bonnes choses. La recherche a montré que les gens perdent même plus de poids quand on leur conseille de manger plus de légumes au lieu de manger moins de sucreries. Si vous mangez du riz brun, du brocoli et du poulet pour le déjeuner en ce moment, je vous conseille simplement de doubler la taille des portions de brocoli et de riz, tout en gardant la portion de poulet de la même taille.

Après un certain temps, vous aurez envie d’aliments plus sains . Il est beaucoup plus facile de manger de bonnes choses que vous ne le pensez. Vous avez développé une habitude avant de vous en rendre compte.

#7 – Achetez des alternatives vegan

Après avoir analysé vos habitudes alimentaires, mettez en surbrillance les repas où vous mangez actuellement non vegan (donc de la viande et/ou du poisson, mais aussi des produits laitiers, oeufs et miel).

Achetez des aliments alternatifs vegan pour ces repas. Aujourd’hui, vous pouvez trouver ce type d’aliments dans tous les supermarchés. C’est réellement très facile aujourd’hui de trouver des alternatives. Vous aimez le fromage sur votre pizza ? Devinez quoi : il existe du fromage vegan. Vous aimez les côtes de porc grillées ? Vous l’avez deviné, il y a la même chose version vegan. Et ça a sérieusement le même goût (ce qui fait que je trouve ça infecte vu que je n’ai jamais aimé la viande…). Et je ne rigole pas, vous avez énormément de possibilités !

#8 – Achetez des vêtements vegan

C’est la dernière et la partie la plus difficile. Je ne vous conseille pas de jeter vos vêtements actuels. Je vous conseille plutôt, lorsque vous achèterez de nouveaux vêtements, de les prendre éthiques. Prenez le temps de chercher après l’étiquette des vêtements pour découvrir s’ils sont fait à partir d’animal ou non.

Devenir vegan peut être plus simple que vous ne le pensez si vous suivez simplement et à la vitesse qui vous convient ces étapes. Même si ça peut être compliqué sur certains points, à la fin, ça en vaudra la peine. Faites-vous confiance. Si vous avez foi en vos convictions, elles vous mèneront où vous voulez.

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